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Publié par alternativesenmedecinegenerale

lu sur EGORA ce jour

 

La ministre de la santé Marisol Touraine a annoncé hier, dans un reportage diffusé sur M6, vouloir garantir aux jeunes médecins généralistes qui iront s'installer dans les déserts médicaux un salaire minimum de 55 000 euros par an, soit environ 4 600 euros par mois.


"Nous allons mettre en place ce que nous appelons des postes de praticiens territoriaux de médecine générale", a indiqué la ministre dans une interview diffusée dans l'émission Zone interdite"Ce sont des médecins libéraux qui (...) après leur sortie de l'internat, iront s'installer dans un territoire sensible, isolé et seront accompagnés financièrement pendant deux ans", a-t-elle expliqué.

 

"Un jeune médecin doit gagner 55 000 euros dans l'année. S'il n'arrive pas à ce plafond-là, on lui paiera la différence entre ce qu'il a gagné et 55 000 euros, ce qui lui permet d'avoir une forme d'assurance", a-t-elle précisé.

"C'est dès 2013 que ces praticiens territoriaux de médecine générale seront installés. Il y en aura 200 l'année prochaine", a-t-elle ajouté.

 

Le financement de ces médecins est prévu dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS)"A nous de faire en sorte qu'ils aillent à des endroits où ils sont attendus par la population avec une particulière impatience", a-t-elle dit. La ministre détaillera le 13 décembre son plan de lutte contre les déserts médicaux lors d’un déplacement dont la destination n’est pas encore connue.

 

un effet d'annonce : mais en pratique : puisque ce sont les conditions d'exercice qui pose problème en quoi ce salaire sera attractif ?


cela ne change pas l'isolement, les contraintes de la PDS (assurer le jour et la nuit), les lourdeurs administratives, les carences de coordination, le financement d'une structure adaptée et attractive !

Ensuite : quelle qualité de soins réalisera personne s'il n'y a qu'un atout financier ???

 

l'enjeu est bien de modifier les conditions d'exercice du médecin généraliste pour les rendre attractives partout : dans l'intérêt du patient : car un médecin heureux dans son exercice : c'est un minimum pour garantir des soins de qualité !

 

réponses des jeunes médecins en info sur EGORA ;

 

 

 

 

Lors de la présentation du projet de financement de la sécurité sociale (PLFSS) de 2013, Marisol Touraine a annoncé qu’elle prévoyait  la création de 200 postes de “praticiens locaux de santé” pour répondre au problème des déserts médicaux. Sceptiques face à au flou de cette mesure, les jeunes médecins ne sont pas contre le principe mais craignent qu’un loup  ne se cache derrière cette belle annonce.

 

“Nous allons créer 200 contrats proposés à des nouveaux jeunes médecins qui souhaiteraient s'installer pour prendre le relais de ceux qui vont partir à la retraite, dans des zones médicalement sous-dotées, a indiqué à la presse la ministre de la Santé Marisol Touraine lors de la présentation du PLFSS 2013. Ces praticiens “bénéficieront pendant deux ans de la part de l'assurance maladie d'une garantie de revenus” dont “les montants seront discutés au parlement”, a-t-elle précisé.Il s’agira là de “praticiens locaux de médecine générale”, c'est-à-dire “de médecins généralistes libéraux qui font le choix de s'installer là où les médecins sont sur le point de s'en aller. Nous voulons les accompagner dans cette prise de relais”, a souligné la ministre.

 

Contreparties

Voila pour les informations concernant les praticiens locaux de médecine générale. Aucun détail de plus n’a été donné, d’où l’incompréhension d'Emmanuel Bagourd, président de l’InterSyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale (ISNAR-IMG). “Pour le moment, il est difficile de commenter ces déclarations vu le peu d’explications données” réagit-il. Il craint qu’un loup ne se cache derrière cette mesure d’apparence incitative. “Quelles seront les contreparties ? Y aura-t-il une obligation d’installation ?”

Alexandre Husson, président du Syndicat national des jeunes médecins généralistes, est également dubitatif. Il ne comprend pas non plus “le mécanisme et les détails de ce projet”. “On ne connait pas les montants. Pour nous il s’agit d’une sorte de bourse sur deux ans, qui irait au delà des études” commente-t-il. L’idée, basée sur l’incitation, n’est selon lui pas mauvaise, mais elle ne répond pas au problème de base des jeunes médecins. “Ce projet n’est pas assez structurant. On craint qu’il ne s’agisse que d’un RSA des jeunes médecins” dit-il avant d’ajouter : “nos demandes concernent essentiellement des améliorations des conditions d’exercices. On a l’impression que les politiques font tout pour ne pas aborder le problème de base qui est celui du modèle économique du cabinet médical. Il s’agit là d’un effet d’annonce purement cosmétique, fait par des gens qui ne connaissent rien au modèle économique et aux conditions d’exercices des MG”.

 

A la source

Cette réaction est partagée par la présidente du Regroupement autonome des généralistes jeunes installés et remplaçants (REAGJIR), Aude Mainguy. “Cette mesure toute seule ne servira à rien. Elle devra être accompagnée par une réorganisation du système de soins. Elle ne prend pas le problème à la source et ne permettra de pallier qu’à un manque ponctuel de médecins” explique-t-elle. Elle préconise de son côté “une meilleure formation médicale avec plus de stage en ambulatoire”. Pour Aude Mainguy, “la plupart des aides incitatives ne sont pas adaptées aux jeunes généralistes. L’aspect financier n’est pas le plus problématique. Il faudrait mieux réfléchir à leurs besoins plutôt que de distribuer des enveloppes”.

Aude Mainguy aimerait en profiter “pour en débattre et travailler tous ensemble sur ce projet”. Alexandre Husson aimerait également faire partie du débat. “Ce projet doit être débattu dans le cadre des négociations conventionnelles. Cela nous semble évident” juge-t-il.

 

Du côté de leurs ainés, la mesure est accueillie avec plus de chaleur. La CSMF salue l’initiative du gouvernement. Son président Michel Chassang estime qu’il s’agit d’une mesure “emblématique” qui doit naturellement être étendue aux médecins spécialistes, également touchés par les difficultés démographiques. Le syndicat soutiendra cette mesure, car ce sont “des actes”. Bien préférables aux contraintes à l’installation imaginées ici ou là par certains députés visant les jeunes, au prétexte qu’ils ont bénéficié “d’études gratuites”.

 

Reste à attendre que cette proposition prenne de la substance. Aucune date n’a été annoncée.

 


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