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Publié par alternativesenmedecinegenerale

Lu sur EGORA ce jour :

 

Allez la différence de prescription peut être liée à l'indépendance des MG vis à vis des labos ???

 

merci formindep et prescrire entre autre !

 

Depuis la première plainte de Marion Larat déposée le 14 décembre contre le laboratoire Bayer, 30 nouvelles femmes s’estimant victimes de pilules contraceptives de troisième et quatrième génération ont également porté plainte contre les laboratoires fabricants. Hier, la ministre de la Santé Marisol Touraine a demandé leur déremboursement à compter du 31 mars 2013, soit six mois avant la date prévue. Si la majorité des généralistes ont arrêté de prescrire ce mode de contraception, les gynécologues estiment que le risque, minime, est moins important que celui de tomber enceinte.

 

Les pilules de troisième et de quatrième génération n’en finissent plus de faire parler d’elles. Dans un communiqué diffusé hier, la ministre des Affaires sociale et de la Santé vient d’annoncer le déremboursement de ces pilules à compter du 31 mars 2013. Elle demande également qu'elles ne soient plus prescrites en premier choix.

 

Menace

Alors que plus de trente femmes viennent de porter plainte contre les laboratoires fabricants, l’agence du médicament (ANSM) a entamé des consultations avec ses prescripteurs afin de tenter de limiter l'utilisation de ce contraceptif. Le directeur général de l'ANSM Dominique Maraninchi a annoncé mardi qu'il envisageait de limiter sa prescription à certains spécialistes, en raison d'un risque d'accident thrombo-embolique accru pour ses utilisatrices.

"Nous attendons une diminution massive de la consommation de ces pilules" a-t-il martelé mercredi sur France Inter, répétant que leur prescription devait être "réservée à des circonstances très particulières", et jamais en premier recours. Il a ajouté que l'ANSM pouvait aller "encore plus loin" et laissé planer la menace d'un retrait du marché des pilules de 3ème et 4ème génération, si leur consommation ne baissait pas suffisamment vite.

 

"Snobisme"

Un débat qui surprend le Dr Nicole Bez, généraliste à Lyon. "On sait depuis toujours que ces pilules sont dangereuses. Cela fait longtemps que nous ne les prescrivons plus. Cela me fait penser à l’affaire du Mediator. Lorsque le scandale a... [ pagebreak ]

éclaté, cela faisait au moins dix ans que nous avions arrêté les prescriptions", explique la praticienne.

Pourtant, les pilules de 3ème et 4ème génération figurent sur les ordonnances de plus d’1,5 million de femmes en France. La faute, selon le Dr Bez, au "snobisme des gynécologues". "Nous, on prescrit les pilules les moins chères, Minidril et Trinordiol dans 98% des cas. Les pilules de 3ème et 4ème génération n’apportent rien de plus et sont même plus dangereuses. Les gynécologues, eux, prescrivent des pilules plus onéreuses pour être snobs et faire différemment des généralistes", constate la généraliste, consciente de l’importance "du lobby pharmaceutique" vis-à-vis de ces spécialistes. Un avis partagé par le Dr Borée, médecin généraliste blogueur. Il a toujours refusé de prescrire les pilules de 3ème et 4ème génération. "Je n’ai pas une seule patiente qui en prend", se réjouit le praticien, qui "ne voit pas l’intérêt de faire payer plus cher aux patientes pour un produit qui n’est pas plus efficace".

Le discours du Dr Marc-Alain Rozan, gynécologue en Seine-Saint-Denis et président honoraire du syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof), est diamétralement opposé à celui de ses confrères généralistes. "Il n’y a rien sans risque", explique le spécialiste. D’autant qu’avant chaque prescription d’une pilule de 3ème génération ou 4ème génération, il soumet ses patientes à un interrogatoire strict au sujet de leurs antécédents. "Il est vrai qu’elles ne sont pas toujours au courant", admet-il.

 

"Archaïsme"

Mais selon le gynécologue,"lorsque les femmes ne prennent pas de contraception, elles sont 1,25 sur 100 000 à faire un AVC. Le risque grimpe à 30 lorsqu’elles sont enceintes et à 50 lors de l’accouchement. Faut-il pour autant leur interdire de tomber enceintes ?", relativiste-t-il. Le Dr Rozan reconnait que le risque existe, mais selon lui, la probabilité est aussi faible que de gagner au loto. Il prescrit donc la pilule de deuxième génération en première intention, mais constate que même avec ce type de contraceptif, le risque d’accident n’est pas à négliger. "J’ai une patiente de 40 ans qui vient de faire un AVC. Elle était sous pilule de deuxième génération", indique-t-il avant d’ajouter que "tout le monde connaît les risques. A force de vouloir tout arrêter, on ne fera plus rien". Il estime que les pilules de 3ème et 4ème génération sont une avancée, notamment dans le traitement de l’acné chez les jeunes patientes.

Des propos qui exaspèrent le Dr Borée, médecin généraliste blogueur. "Ces pilules ne servent à rien. C’est un archaïsme. Pour traiter l’acné, il y a d’autres moyens, tout aussi efficaces, mais qui comportent moins de risques", juge-t-il. Il regrette que beaucoup de patientes s’adressent à lui, faute d’explications de leur gynécologue. "Régulièrement, je change leur prescription pour les passer sur des deuxième génération. Elles s’en portent mieux", conclut le praticien.

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