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Publié par alternativesenmedecinegenerale

extrait d'un témoignage lu ce jour sur EGORA : victime moi même de 2 agressions sur le temps de garde parce que femme ...  

bon courage à toi cher consoeur et ne te résigne pas à ne rien faire,

bravo à celles et ceux qui te soutiennent !

 

Je serai curieuse du résultat d'une étude :

 

-être femme plus d'agression ?

-plus d'agression en lien suite au résultat d'une société de consommation (?) où cohabitent :

=> le désespoir sur sa situation : la perte d'emploi suite au licenciement pour compétitivité entre autre (et là, je vous renvoie aux écrits de Gérard Mordillat)

=>l'absence de capacité à gérer ses frustrations par ex : "et oui une rhinopharyngite dure 3 à 14 jours et non il n'y a pas besoin d'antibio, et oui la pub à la télé est un mensonge ....."

=> ou le résultat d'un double leurre : la toute puissance de la médecine et/ou les soins sont un droit de consommation à la SOS médecin qui je regrette donne de très mauvaises habitudes aux citadins !


 

 

 

Cibles

Cette agression remet en cause mes conditions d’exercice et donc mon intention de m’installer ici. J’ai encore une trentaine d’années de médecine générale  devant moi, et je me demande comment la situation va évoluer si ça continue comme cela. Je ne veux plus exercer dans les mêmes conditions. Mes projets sont remis en cause. Je ne cesse de me dire que cela peut se reproduire. Il faut que les choses changent, il ne faut plus que nous soyons des cibles.

J’aime beaucoup mon métier, m’installer dans une banlieue sensible, c’est un choix. J’aime ces patients qui m’apportent beaucoup, j’aime ce que je fais, mais j’ai l’impression de ne plus pouvoir exercer sereinement. Ce sentiment est partagé par beaucoup de mes collègues, mon agression les a fait fortement réagir, ils se sont sentis touchés. Ici, plus personne ne se considère à l’abri. Je pense que ce n’est pas moi qu’on visait, mais une fonction, au sein d’une banlieue. Du coup, les langues se délient.

 

Faire avancer les choses

Beaucoup de mes confrères, aux Mureaux et ailleurs dans les Yvelines, vivent dans l’insécurité. Ils subissent de plus en plus la violence verbale et même physique malheureusement, des vols. On s’est dit que l’occasion était peut être venue de réfléchir à nos conditions d’exercice dans ces banlieues où plus personne n’est à l’abri. Il faut peut être penser au regroupement.

Mes collègues ont organisé une journée d’action le 1er février prochain dans laquelle je n’ai pas voulu trop m’impliquer. Je ne veux pas me mettre en avant, je veux surtout tourner la page, continuer à avancer en exerçant le métier que j’aime du mieux possible. Mais si mon expérience peut servir aux autres, si elle contribue à faire que cela ne se reproduise pas, tant mieux. L’exercice libéral rend la communication avec les confrères difficile. Mon agression a permis de communiquer sur un sujet très sensible alors qu’on n’a pas forcément envie d’en parler, car ce n’est pas glorieux et c’est à chaque fois une remise en question. Je n’ai pas voulu m’arrêter car je me suis dit que la reprise serait encore plus dure. J’ai choisi de continuer jusqu’à… enfin, de réfléchir.

J’ai eu la ministre de la santé Marisol Touraine au téléphone. Elle m’a assuré de toute son implication dans ce problème d’insécurité. J’espère qu’elle pourra faire avancer les choses."

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