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Publié par alternativesenmedecinegenerale

Il y a des facultés où l'obscurantisme a toujours lieu et qui illustre que l'enseignement de la MG est une lutte de chaque jour : hélas !

 

Pour les soutenir : pétition ici

 

Lu sur EGORA.fr ce jour :

 

Le manque d’enseignants en médecine générale est un problème récurent dans les facultés de médecine. Celle de Lille en est un exemple criant : il n’y a qu’un enseignant pour 165 internes. Malgré ce faible ratio, un maitre de conférences associé "titularisable", vient d’apprendre qu’il ne sera pas renouvelé.

 

La nouvelle est tombée il y a quelques jours… Par inadvertance. L’un des collègues du Dr Christophe Berkhout, maître de conférences associé en médecine générale à la faculté de Lille 2, s’aperçoit que son confrère n’est pas dans la boucle des mails des professeurs. Après de plus amples recherches, Christophe Berkhout  apprend qu’il ne reçoit plus de courrier électronique car il ne sera pas renouvelé. "J’ai découvert ça complètement par hasard. J’étais très surpris, je ne pensais pas que cela pouvais aller jusque là", témoigne-t-il, amer.

 

"On s’inquiète pour notre formation initiale"

 

Cela fait 6 ans que le professeur Berkhout est en poste à la fac de Lille. "Il devrait être titulaire, il a toutes les compétences requises, tant dans l’enseignement que dans la recherche. Il est reconnu nationalement et internationalement" affirme Bruno Roualet, secrétaire général du SNEMG (Syndicat national des enseignants en médecine générale). En mars 2009, Christophe Berkhout passe devant la Commission nationale d’intégration. Il est reconnu apte à la titularisation. "Dans la liste des 11 premiers professeurs en médecine générale je suis le dernier à ne pas être titularisé", souligne le professeur Berkhout.

 

Un avis que n’a pas souhaité suivre Didier Gosset, Doyen de la faculté. C’est lui qui est à l’origine de la décision de non-renouvèlement de Christophe Berkhout. Malgré notre sollicitation, nous n’avons pas pu le joindre. Son choix est contesté par l’ensemble du département de médecine générale, ainsi que par les 750 internes.

 

"On s’inquiète pour notre formation initiale. A Lille nous avons le ratio enseignants / enseignés le plus faible de France. L’an dernier c’était encore pire : nous avions un professeur pour 195 internes. Cette année cela s’est un peu amélioré, puisque nous avons un prof pour 165 élèves mais ça risque de se détériorer avec le non-renouvellement d’un poste. Rappelons que la moyenne nationale est d’un enseignant pour 104 élèves. Nous en sommes loin" , regrette Rémy Diesnis, président de l’AIMGL (Association des internes en médecine générale de Lille).

 

"Autoritarisme délétère"

 

Cet interne ne compte pas se laisser faire. Il a tenu à organiser une assemblée générale. Et bien que le doyen lui ai refusé un amphithéâtre, Rémy Diesnis a tenu à maintenir son A.G, "par terre, dans le hall". "Le Doyen ne voulait pas qu’on ouvre une tribune à son encontre" ajoute-t-il.

 

L’AIMGL n’est pas la seule association à se mobiliser. Le SNEMG, l’ISNAR-IMG (InterSyndicale nationale autonome représentative des internes en médecine générale) et REAGJIR (Regroupement autonome des généralistes, jeunes installés et remplaçants) élèvent la voix dans un communiqué envoyé mardi et "demandent l’arrêt de l’acharnement contre la médecine générale à la faculté de Lille". Ils regrettent "un autoritarisme délétère, totalement déplacé et profondément injuste" de la part du Doyen. D’autant que ce dernier envisage également de retirer la charge d’enseignement du Président du Collège des enseignants du Nord Pas de Calais.

 

"Cela fait cinq ans que la médecine générale est une spécialité, et en terme de postes, ça balbutie. Tous les politiques reconnaissent la nécessité d’augmenter le nombre d’enseignants pour former les médecins généralistes mais il y a des doyens qui n’en font qu’à leur tête" s’agace Bérengère Crochemore, porte-parole de REAGJIR.C’est aussi l’avis de Bruno Roualet, qui considère que la "décision du Doyen va à l’encontre de tout ce qui a été fait depuis 20 ans en médecine générale". Selon lui, la baisse du nombre de professeur va "affaiblir la formation des internes et c’est au final la population qui va en pâtir".

 

Menace de grève

 

Le professeur Raymond Glantenet, directeur du département de médecine générale depuis 1999, regrette lui aussi cette situation. "A l’arrivée du doyen en 2010, il avait déjà décidé de geler les postes en médecine générale, puis l’année d’après il y eu deux postes, mais c’était pour remplacer un départ, donc il n’y a eu qu’un seul professeur supplémentaire".

 

Cette année, le Doyen a une autre idée en tête. Il propose qu’un maître de conférence associé soit promu professeur associé. Il recruterait à sa place un nouveau maître de conférences. Un problème que déplore Raymond Glantenet. "Nous avions un candidat pour ce poste, passé devant deux commissions et dont les compétences convenaient parfaitement, mais le Doyen préfère un autre candidat examiné par une seule commission. Elle  ne l’a pas retenu à cause de la mauvaise qualité de son dossier". Il s’agirait, selon des sources proches de ce dossier, d’un ami du Doyen.

 

Pour faire entendre sa voix, le Dr Glantenet a décidé de suspendre toute activité universitaire jusqu’au 14 mars. Il a rendez-vous lundi prochain avec le Doyen pour aborder cette situation qui lui semble "rigide". Car titulariser le Dr Christophe Berkhout reviendrait à le faire passer de mi-temps à temps plein, ce que  refuse le Doyen. Si aucun accord n’est trouvé, le département de médecine générale de Lille menace de se mettre en grève.

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