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Publié par alternativesenmedecinegenerale

en tant que médecin de garde, je suis appelée pour une garde à vue pour une femme qui exerce "le plus vieux métier du monde" c'est ce qui m'a été dit : alors en parcourant cet article juste retordre le cou aux idioties qui circulent sur la prostitution :
NON ce n'est pas le plus vieux métier du monde : si votre fille l'exerce : vous réagissez comment ?
OUI c'est la plus vieille exploitation de l'Homme par l'homme
NON elles ne sont pas volontaires
Celles que j'ai vu encore ces jours sont issues d'un monde de MISERES :
où est le choix ? Quelles violences sexuelles a -t-elle subie au départ pour accepter ?
Un homme m'avait abonnée à la revue du NID pour réfléchir et surtout savoir ce qu'est la prostitution avant d'en parler : je suis CONTRE parce qu'il n'y a pas de liberté, parce que c'est un monde violent et en tant généraliste, j'ai été témoin encore récemment de la violence faite aux femmes par la prostitution.
la prostitution ne diminue pas les viols là où elle a été légalisée : autre point à connaître !

D’après le rapport d’information de l’Assemblée nationale présenté par Guy Geoffroy, 13 avril 2011.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Diverses enquêtes le montrent, l’usage de drogues et d’alcool est souvent le seul moyen pour les personnes prostituées de rendre leur activité supportable. L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies relève, en 2003, 42 % de consommation régulière d’alcool chez les femmes prostituées et 79 % chez les hommes.

Ce chiffre s’élève à 70 % chez les personnes de plus de 45 ans. Le cannabis est essentiellement consommé par les personnes prostituées de sexe masculin : 56 % en consomment et 30 % se déclarent dépendants, d’après la même étude. Les psychotropes sont consommés à 20 % dans les deux sexes (un chiffre voisin de la population féminine générale) et les drogues dures à 5 %.

Les prostitués, qui sont à 80 % des femmes et des mineurs sous l’emprise du crime organisé (rapport de la fondation Scelles*, 27 janvier 2012), ont un état de santé globalement détérioré. Sont en cause les infections sexuellement transmissibles (IST), les conditions de vie, le défaut de suivi médical et la violence du milieu prostitutionnel en général. Les séquelles psychologiques accompagnent évidemment ce tableau, avec à la clé des dépendances multiples à la drogue et à l’alcool. De plus, cet état de santé défavorable s’accompagne d’un suivi médical des personnes en situation de prostitution largement défectueux. En cause : le statut administratif précaire, la barrière de la langue et la stigmatisation de ces personnes.

 

Infections sexuellement transmissibles

D’après Pierre Micheletti, délégué régional de Médecins du Monde à Grenoble, les IST les plus fréquentes liées à l’activité prostitutionnelle sont la blennorragie gonococcique, l’herpès, la chlamydiose, les hépatites B et C, les papillomavirus, la syphilis et le VIH. Toutefois, aucune étude épidémiologique de grande envergure n’a été réalisée sur ces personnes depuis la fin des années 1990. L’étude Prosanté, actuellement en cours, sur l’état de santé des personnes prostituées,réalisée par l’InVS, devrait permettre d’affiner ces chiffres. À noter aussi que les infections HPV et les lésions cancéreuses, relevées chez des femmes ayant en moyenne 21 ans dans une étude datant de 2004 (12 infections et 3 cancers sur 80 femmes étudiées), augmentent les risques de contamination au VIH.

Une situation alarmante, car les femmes jeunes sont les premières victimes de la prostitution : 75 % ont entre 13 et 25 ans, et 50 % des personnes concernées ont commencé la prostitution en étant mineures, l’âge moyen étant de 13 à 14 ans au niveau mondial (rapport Scelles). L’usage des préservatifs reste quant à lui difficile à quantifier. Si les femmes affirment, lors d’entretiens, l’utiliser à 100 % lors de rapports pénétrants, le Conseil national du sida estime au contraire que 10 à 50 % des clients demandent des rapports non protégés. Outre la situation de précarité multiple qui rend le refus difficile, le Conseil note aussi que l’absence de préservatif devient, depuis les années 2000, un argument mis en avant pour obtenir davantage de clients ou d’argent.

 

Stress post-traumatique

Le Dr Muriel Salmona (Bourgla- Reine) a montré que 60 à 80 % des personnes prostituées souffrent de troubles psychosomatiques sévères, un chiffre semblable aux sujets ayant subi des actes de torture et aux prisonniers politiques. L’étude de Farley et al. montre aussi que 68 % des personnes prostituées interrogées répondent aux critères d’un syndrome post-traumatique. Outre l’état dissociatif, celui-ci se manifeste par des attaques de panique, des crises d’angoisse, un état dépressif, des tentatives de suicide, des troubles du sommeil, des flash-backs, des migraines et des conduites à risque multiples. Cet état aggrave aussi les risques pour la santé, avec une anesthésie corporelle fréquente, retardant l’identification des signes d’alerte. "Le stress intense subi par ces personnes peut aussi induire des problèmes cardiovasculaires, pulmonaires et immunitaires", note le Dr Salmona.

 

Des violences généralisées

L’activité prostitutionnelle, en elle-même, est génératrice de violences qui ne sont pas sans conséquences sur la santé : viols récurrents, vols, violences et menaces avec une arme, coups, tentative d’étranglement, etc. L’étude de Melissa Farley et al. montre ainsi que respectivement 67, 59 et 50 % des personnes prostituées ont déjà subi plus de cinq viols au Canada, aux États-Unis et en Allemagne. Toutes les personnes prostituées interrogées déclarent avoir été insultées ou menacées. D’après un rapport de l’association Cabiria en 2009, la violence émane en premier lieu des prostitueurs ("clients"), suivis par les passants et, beaucoup plus rarement, les forces de l’ordre ou le conjoint. S’agissant de la violence des proxénètes, le cas de certaines jeunes femmes originaires d’Europe de l’Est est évocateur des réseaux de traite émanant du crime organisé. Un véritable "parcours de dressage" est infligé avec, à la clé, un paroxysme de violence. Au final, les personnes prostituées ont entre soixante et cent vingt fois plus de risque d’être assassinées ou battues que le reste de la population, d’après Maria Carlshamre, rapporteure d’un projet de rapport sur la prostitution et ses conséquences sur la santé des femmes dans l’Union européenne.

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Tillet 23/09/2013 09:13

Bonjour,

J'ai lu avec un vif intérêt votre article intitulé "IST et addictions pour les prostituées" en date du 27/03/2012.
Je n'y partage pas complètement votre analyse.

En homme de justice et de progrès, je suis  pour une société égalitaire entre les femmes et les hommes.
Et, je déplore et condamne aussi, évidemmemt, les violences faites aux femmes. Mais...

Pour des raisons personnelles, je connais très bien le milieu prostitutionnel. Je suis donc profondément agacé de lire et d'entendre tout et n'importe quoi sur le sujet.

On parle d'abolir la prostitution.
Mais quelle prostitution ? Il n'y a pas une mais des prostitutions (genres, formes, niveaux,...).
Curieusement, dans le débat actuel, je constate qu'on se focalise sur la prostitution féminine, la prostitution masculine n'étant jamais prise en compte.
Doit-on alors considérer l'abolition de la prostitution comme étant celle de la prostitution féminine ?

C'est certainement la raison pour laquelle les abolitionnistes, manifestement prohibitionnistes, développent une rhétorique ignorant purement et simplement tout ce qui ne rentre pas dans leur schéma idéologique d'une prostitution comme une violence faite aux femmes (hommes se prostituant, femmes clientes, etc.).

Je suis farouchement  contre le trafic des femmes, les réseaux mafieux et le proxénétisme.     
Par contre, si une femme ou un homme veut se prostituer, je ne vois pas au nom de quelle règle institutionnelle on pourrait lui interdire. C'est une forme de liberté individuelle de la personne.

Beaucoup de gens, de médias, de politiques et de spécialistes de la question parlent de la prostitution sans vraiment la connaître.
J'ai lu le rapport de Madame Bousquet et de Monsieur Geoffroy relatif à la résolution sur l'abolition de la prostitution.
Je suis en profond désaccord sur certains chapitres. Mais deux d'entre eux, par manque d'objectivité, me choquent particulièrement.

En premier lieu, dans le domaine de la prostitution, il est impossible de mettre des chiffres fiables. Ils sont élastiques et fantaisistes. Ils peuvent passer du simple au double, voire au triple.
Par exemple, 85% des personnes prostituées sont des femmes, une autre fois, c'est 80%, encore une autre fois, 70%.
Et ces statistiques provenant du Ministère de l'Intérieur concernent uniquement la prostitution de rue (et encore la plus voyante).

En deuxième lieu, la prostitution masculine ne correspond pas à la réalité. Beaucoup d'inexactitudes et de mensonges l'entourent.
Elle existe sous deux formes principales :
    - L'une homosexuelle (travestis, transgenres, homosexuels,...).
Elle s'adresse à une clientèle masculine.
    - L'autre hétérosexuelle (gigolos, escorts-boys,...).
Elle s'adresse à une clientèle féminine.

Cette dernière (j'ai pratiqué cette activité) est particulièrement gênante pour les associations abolitionnistes et certains mouvements féministes.
En effet, des femmes clientes d'hommes prostitués, cela enlève pas mal de poids à leurs arguments.
L'idée malhonnête consiste donc à faire croire que les clients de la prostitution sont exclusivement des hommes.
J'ai entendu de nombreuses fois : .
Comment peut-on affirmer cela ?
La réalité est bien différente.

De même, des chiffres farfelus
(repris par les uns et les autres) sur le pourcentage des clients reviennent dans divers commentaires, sans en connaître la source et la vérifier.

Ainsi, 99 % ou 99,4 % des clients seraient de sexe masculin.
Ces chiffres "bidons" inventés (je peux le prouver) par une association d'obédience catholique, sont honteusement exploités par les abolitionnistes et moralistes de toutes tendances.
Lors de débats, je ne comprends d'ailleurs pas qu'aucun ne demande la provenance de ces chiffres lancés par les abolitionnistes. D'autant qu'il ne peut aussi exister dans ce secteur de chiffres fiables. Et ces derniers sont par nature peu crédibles et invérifiables.

Mais quelle est l'origine de ces chiffres ?
Dans une vieille enquête d'un Institut sur la sexualité des français, une question concernait le recours à la prostitution. 0,6 % des femmes ont reconnu être cliente.
Reprenant seulement l'un des chiffres concernés, le MdN, l'association abolitionniste dont je parle plus haut, a trouvé judicieux de faire le calcul suivant :
-   (100 - 0,6) = 99,4 % d'hommes clients.
Mais du côté des hommes, 12,5 % ont répondu être client.
Il y a là manifestement une manipulation. Si j'utilise le même mode de calcul, je peux aussi affirmer que 87,5 % (100 - 12,5) des clients sont des femmes.

Et même dans cette enquête, le pourcentage des femmes clientes est faussé. Dans un échantillon, la clientèle féminine, sociologiquement différente de celle des hommes (cela a beaucoup changé), est moins représentative. De part ma seule expérience, la clientèle féminine d'aujourd"hui doit se situer entre 15 et 20 % (ces chiffres ne sont pas très éloignés de la réalité). Sachez qu'en  plus d'une prostitution lesbienne, des hommes et des femmes se prostituent sans distinction en direction des hommes, des femmes ou des.couples.

D'autre part, si des instituts ou autres organismes enquêtent, comme je le pense parce que c'est plus facile, sur la prostitution masculine en se limitant aux seuls lieux fréquentés par les prostitués homosexuels, les clients seront (à quelques exceptions près) des hommes, c'est évident. Mais croyez-vous sincèrement que les hommes se prostituent seulement en direction d'autres hommes ? Cela serait une hérésie de le penser.

De la même manière, les femmes ne trouveront pas des hommes se prostituant pour 20, 30 ou 50€ (chez eux, il n'existe pas de "pratiques" à la carte).
Elles n'en trouveront pas non plus dans les bois, au bord des routes, dans les parkings...
C'est compréhensible : sachant que les  femmes ne vont pas s'aventurer dans de tels endroits, les gigolos en sont totalement absents.

En fait, la (presque) non visibilité de la prostitution masculine destinée aux femmes fausse les données. Il vous faut savoir qu'elle est en grande partie souterraine (bars et brasseries plus ou moins huppés, salons de thé, dancings, petites annonces, internet,...) d'où sa discrétion. Il existe également une prostitution de rue moins importante et plus anonyme.
Et ne pensez pas que la clientèle féminine est anecdotique comme certain(e)s le font croire. Elle va même s'accroître au fil du temps.
Mais cette prostitution serait-elle taboue ?

Par ailleurs, si les pouvoirs publics faisaient face à cette invasion de prostituées étrangères, les prostitutions franco-françaises féminine et masculine seraient sensiblement égales.
Eradiquer la prostitution des femmes étrangères ? Il n'y a pas trente-six solutions. Il faut ni plus ni moins leurs interdire l'activité prostitutionnelle.
Elles sont entrées en France, elles doivent bien pouvoir en ressortir.
Alors, combattre la prostitution des femmes ? Les abolitionnistes demandent au gouvernement une loi d'abolition du système prostitueur.  Mais, de droite comme de gauche, les  gouvernements successifs  sont les premiers proxénètes.
Pourquoi ne font-ils pas fermer les salons de massages, les bars à hôtesses, les sexodromes, etc ?
En vérité, les propriétaires de ces établissements se sont fait connaître auprès du fisc. Ils rapportentt donc de l'argent à l'Etat.
Dans le cas contraire, ils sont clandestins et tombent pour proxénétisme. C'est une grande hypocrisie !
Quant à la pénalisation des client(e)s de la prostitution, dans la mesure où celle-ci n'est pas illégale, c'est juridiquement illogique, l'un ne peut aller sans l'autre.

Cordialement.
Maxime Tillet

Lora 31/03/2012 15:13

Merci de rappeler ces réalités que beaucoup préfèrent ne pas voir. Les témoignages de première ligne comme le vôtre sont essentiels.