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Publié par alternativesenmedecinegenerale

Et oui, il est possible d'être MG libéral et social pour une société plus juste !

 

Mais il a besoin du soutien d'une politique fraternelle, solidaire : MG nous tirons la sonnette d'alame !

 

Au dela de nos statuts, être MG pour moi s'est soutenir un accès aux soins pour tous, soutenir une société plus juste !

 

Ensemble, allons y : il y a du travail !

 

 

en bref-pratique : 


le MG est celui qui soigne tout le monde. Les patients approuvent qu'il soit celui qui les questionne sur leurs difficultés financières : repérer nos patients est essentiel : et c'est à nous de le faire.


Par notre réseau, la collaboration nous permet d'accompagner les personnes dans un parcours de soins. A chacun des professionnels de tenir sa place.


l'action est politique : nous sommes les témoins d'injustice sociale alors : jouons notre rôle d'alerte !


Repérer, Travailler en Réseau, Etre force d'Actions !

 

 

MG a déjà mis en ligne les actes : par ici : BRAVO !  

 

 

mes notes :


Pourquoi ce colloque sur ce thème ?

 

MG est un syndicat attentif aux conditions de l'accès aux soins pour tous. Les ISS sont le reflet d'une justice sociale : interpeller les pouvoirs publics sur cette injustice dont nous sommes les témoin dans notre exercice quotidien, proposer une réorganisation du système de soins centré sur le MG : c'est apporter notre part dans la lutte contre cette injustice sociale.

 

Les ISS touchent principalement les hommes avec un écart d'espérance de vie de 7 ans entre un ouvrier et un cadre à 35 ans. 110000 décès prématurés avant l'âge de 65 ans en France dont la moitié sont évitables : la France est en dernière position par rapport aux pays européens (mais devant les pays de l'Est ...). Derrière ces chiffres : des drames humains à ne pas oublier. Les gradients de l'ISS se retrouvent tout le long de l'échelle socio professionnelle. Pour réduire les ISS, l'action seule sur les plus exclus est un échec : toucher le public des classes socioprofessionnelles basses est essentiel.

 

Le constat est connu depuis longtemps : quelles pistes d'action ?

 

QUEL CONSTAT ?

 

  1. difficultés financières d'accès aux soins : de plus en plus présentes au quotidien Dr Mady Denantes

-refus de soins CMU-AME

 

-dépassements d'honoraires : pb du secteur 2 dans le parcours de soins, lorsque les délais des centres hospitaliers sont longs.

 

-pas d'assurance complémentaire : le Reste A Charges (RAC) amène à renoncer à des soins.

possibilité de consultation sans Ticket Modérateur à 16,10 euros, les 6,9euros ne sont pas payés. Donc possibilité limitée aussi... Enfin, en cas d'examen complémentaire : comment faire ?

 

-assurance complémentaire pas chère mais non solidaire

Le MG est témoin de ce glissement d'une assurance maladie solidaire vers une assurance non solidaire et souvent chère.

 

A elles seules, les difficultés financières n'expliquent pas toutes les ISS, mais : elles y contribuent.

 

Question aux experts ?

A l'heure du paiement sur objectifs en santé publique, comment inclure des indicateurs qui visent la réduction des ISS.

 

  1. Équité des soins : le MG peut il devenir une partie de la solution ? Dr Hector Falcoff

 

Inverse care law : la disponibilité des soins médicaux tend à varier de manière inversement proportionnelle aux besoins

l'équité des soins : délivrance des soins proportionnels aux besoins afin de réduire autant que possible la part "soin dépendante" des ISS

Différentes études montrent que l'usage des MG est socialement équitable (pas de différence de PEC dans le dépistage pour les MG : la différence (moindre dépistage pour les précaires est lié au fait que la population aisée il y a un accès au gynéco et par là un double "dépistage" : d'où la responsabilité du MG qui est accessible à tous )

 

quelles actions à tous les niveaux du processus de soins ?

  • une évaluation des risques liés au statut social : interroger le patient

  • les protocoles pour nous aider à ne pas oublier face aux priorités du patient qui seront plus sociales, urgentes

  • soutien du patient "empowerment" : faire avec lui en lui donnant une information appropriée

  • l'accès secondaire suite à notre consultation : importance du réseau professionnel, quels outils ?

 

En pratique :

  • Communiquer : ce qui demande du temps de formation, de la disponibilité et des moyens dans la structure pour l'accueil du public.

  • Le réseau médico psycho social : l'importance du carnet d'adresse pour le médecin

  • Evaluer sa pratique, s'investir dans une démarche qualité

 

 

CINQ REALITES DE TERRAIN

 

Le diagnostic local de santé est important pour définir sur un territoire homogène les besoins de santé. Nécessité du diagnostic sur un territoire bien localisé pour rapprocher les partenaires sur un territoire :

 

  • en rural : secteur de l'Ain : population modeste, pb des distances

réponse des professionnels : ASALEE, Pôle de Santé sur le territoire pour une approche populationnelle.

Les difficultés : le lien avec les institutions qui questionnent sur la légitimité des professionnels libéraux, pas de soutiens pour la création d'un pôle d'excellence de MG rurale. Alors que dans les faits, qui est là pour agir pour les patients ?

 

  • en ville : la prise en compte de l'interculturel (Paris)

-pas de RV car incompréhension (population africaine): règle de fermetures des portes

-le retour du pays : les guérisseurs : accepter leur présence

-vaincre le déni : ne pas juger la personnne qui est noyée dans d'autres difficultés, construire un discours commun, s'appuyer sur des ressources adaptées (consultation d'ethnomédecine)

-connaitre les cultures des personnes soignées pour aller vers une universalité de la démarche : explorer consult après consult les freins progessivement pour une alliance thérapeutique acceptable des 2 côtés patients-médecins.

 

  • En ZUS : les ENMR dans les pôles de santé ont permis le passage du colloque singulier à la santé publique d'un quartier. (Chambéry)

Pour l'ETP : traduction des textes par les nouveaus migrants en se rapprochant des associations locales. En portant un "espace ressource santé" : les professionnels de santé par des collaborations ont participé à la santé publique sociale d'un quartier pour plus de justice sociale. Travail coordonné en incluant les travailleurs sociaux dans un même lieu pour une santé globale : l'espace ressource santé est une interface.

  • Prof de santé et animateurs de proximité : quelles coopérations ? Ex des Muraux

L'ASV est en place mais sans intervention des professionnels de santé libéraux : pas de communication entre 2 mondes différents, des modes de fonctionnement différents.

Cependant, entre un pôle de santé et des animateurs de quartiers : souhait d'une synergie. Coanimation de groupe d'échanges et d'information de 2h sur le corps féminin avec un professionnel de santé et un professionnel du social : il y a eu une augmentation du dépistage (frottis, mammo). Puis, le pôle de santé a permis de décloisonner et de travailler en lien avec l'ASV.

 

  • Système d'information et équité des soins :groupe de recherche en soins primaires

Connaitre la position sociale permet de distribuer les soins de façon adaptée. "Pourquoi et comment enregistrer la situation sociale d'un patient en MG ? " recommandation formulée par le groupe de recherche en SP.

Informations nécessaires : couverture sociale, situation par rapport à l'emploi, capacités de compréhesion : avez vous besoin d'une tierce personne pour comprendre les informations ?

Par la suite : situation familiale, financière, logement...

 

En Seine Saint Denis : création du "coursier sanitaire et social" : déclenché par les MG : une aide médicosociale d'accompagement des personnes dans les démarches. Financement à titre d'expérimentation par ARS.

 

 

LES DETERMINANTS SOCIAUX NON ACCESSIBLES : l'interpellation politique Dr Gladys Ibanez

 

La position sociale est au centre du mécanisme de création des inégalités de santé. La société génère et entretien les ISS. Le contexte politique socio économique influence la position sociale des individus : hiérarchisation sociale. Cette position sociale détermine les comportements intermédiaires qui influent la santé des populations. L'OMS recommande une coopération entre l'Etat et les citoyens : un dialogue est nécessaire pour réduire les ISS.

Ex d'interpellation politique par les médecins pour tirer des sonnettes d'alarme : pollution de l'air (auto), pollution par les pesticides.

 

Les déterminants sociaux des ISS sont en lien avec les vulnérabilités de la population : lieu où la politique a un impact d'action et où les médecins sont des sonneurs d'alarme.

 

 

LES DETERMINANTS ACCESSIBLES PAR LES MG Pr Florence Jusot

 

Des études confirment que le MG est l'acteur incontournable : le seul médecin vu par tout le monde

Lorsque les pays ont un système de santé fondé sur le médecin généraliste : les ISS sont moins fortes. La diminution des ISS est liée aussi au RAC. Le système de paiement du médecin influe : le système du paiement à l'acte augmente les ISS... La capitation est plus favorable.

Pour réduire les ISS : le travail coordonné, la délégation de taches dans une équipe professionnelle coordonnée, s'appuyer sur les soins primaires est reconnu et validé pour l'efficacité.

 

Quelles actions pour le MG ?

  • Connaitre la situation sociale pour définir la stratégie médicale : conditions de travail, revenus, chomage, réseau social et familial...

  • Discours culturellement adapté à la personne : les dépistages organisés sont un échec sur le plan culturel !

  • Dans la précarité : le souci est au quotidien, alors que la prévention est dans le temps : un décallage dans la compréhension : adapter

  • Les difficultés financières : quelle couverture du patient ? Le RAC est plus élevé pour les patients en ALD (entre autre du faite des dépassements d'honoraires des spécialistes, de la polypathologie...) donc demander la complémentaire. Le MG un rôle d'aide à l'accès au droit : pourquoi une absence de couverture ? Quel réseau pour les accompagner ? Il y a une aide à la complémentaire santé par les CPAM pour les personnes au dessus des seuils de la CMU :mesure sous utilisée.

Plusieurs études confirment que pour les citoyens, le MG est l'interlocuteur privilégié pour la santé : donc posez la question sociale pour l'accompagner !

 

QUELS ROLES DU MG ?

 

Le MG est l'acteur incontournable.

 

Dans le cadre du colloque singulier

  1. évaluer la situation de la personne

  2. permettre par son réseau professionnel de faire bénéficier des aides en cas de difficultés sociales

  3. accompagner le patient dans le système de santé : le MG : gappe keeper

  4. compétences techniques, psychosociales du MG

Les Compétences Psycho Sociales du MG :

  • relation au médecin : lors de la première consultation et dans le temps, définir un plan de soin intelligible

  • santé perçue : empreinte culturelle et sociale du patient, quelle capacité à investir leur santé, promouvoir la culture de la bonne santé

  • parcours de vie et santé : influence des évè de vie traumatique, la confiance en soi, la résilience des patients

 

Plusieurs études valident que les évè qui se passent dans l'enfance et la vie utérine détermine la santé à l'âge adulte : donc une attention particulière sur ces tranches de vie.

 

L'action collective :

  1. le travail coordonné et en réseau par les pôles de santé

  2. évaluer les pratiques (évaluation anglosaxonnes actuellement)

  3. réaliser des actions d'éducation thérapeutique collective, tenir en compte le multi culturel

  4. rôle d'enseignement des étudiants, rôle d'alerte, rôle dans la recherche

 

 

 

TABLE RONDE POLITIQUE, SYNDICAT, ECONOMISTE de la SANTE

 

Alexandre Feltz : élu de Strasbourg VP de communauté de communes :

importance du diagnostic pour mettre en évidence les ISS.

La ville gère toutes les compétences santé (PMI, CG, médecine scolaire....) et a mis des moyens par choix politique pour des actions à partir du diagnostic local de santé. A partir des besoins de santé : une action sur l'offre de soins : un soutien aux professionnels de santé installé sur les ZUS. Une aide aux maisons de santé urbaine : soutien sur l'immobilier, soutien sur la mise en réseau des professionnels par ses locaux mis à disposition. Autre ex : Le sport santé sur ordonnance : le MG est aidé pour être au coeur des démarches de repérage, de dépistage des patients. La ville cible son action vers une aide aux MG et non vers le centre hospitalier avec un contrat territorial d'accès aux soins. (Le CH n'a pas de soins primaires à réaliser. Il réalise le second recours. L'articulation entre les soins primaires et les soins secondaires doit bien être pensé). Une perspective pour dans 10 ans : une maison de santé par quartier gérée par une équipe de professionnels de santé coordonné avec la PMI, médecine scolaire... en adaptant les moyens aux besoins. La difficulté localement : le MG comme premier recours n'est pas reconnu comme premier acteur dans les "us". Nécessité d'éducation, de formation !

 

Didier Tabuteau : Conseiller d'état, responsable de la chair science po

Apprécie le discours et l'action portée par MG France avec des révolutions portées : par ex : le tiers payant. Que des médecins portent ces projets est essentiel pour voir l'évolution se mettre en place. Le système de soins est en plein changement. Au départ en France (après guerre), un système en expansions (pour les soins) qui améliorent la situation de tout le monde. Puis depuis qq années, ce schéma est terminé pour les 10 années à venir : restriction, négociation.... Transfert des compétences de la sécurité sociale vers les assurances privées pour ne pas augmenter des prélèvements obligatoires (type CSG) pourtant plus justes que des cotisations assurantielles... Si les ISS ne sont pas prioritaires dans ce contexte, elles vont s'aggraver. Quelles recommandations :

  1. Politique de santé globale dès l'école dans une démarche de promotion de la santé globale (actuellement uniquement éducation par la peur des IST... échec)

  2. Politique sur les conditions de travail et les informations de la médecine du travail accessibles au MG

  3. Politique de démarche territoriale avec un service public réel pour soutenir le bilan local : principes généraux au niveau national avec une déclinaison locale

  4. Politique d'investissement dans la santé par la solidarité avec une PEC à 90%

  5. Réorganiser les soins, l'assurance maladie : des réformes en profondeur

 

Claude Leichert président de MG France

Le MG n'est pas une assistance sociale : je ne voudrai pas que vous reteniez cela. Cependant, c'est un professionnel au coeur d'un réseau, de la collaboration. Pour gérer un problème, il faut en avoir conscience. Chacun des acteurs doit regarder sa pratique. Résister pour conscientiser les problèmes puis AGIR dans sa pratique...

Il y a des mutuelles responsables et solidaires : les valoriser. ( avec bémol : logique de concurence européenne)

Notre métier n'est pas compliqué techniquement mais il est COMPLEXE. Et c'est ignoré, non soutenu.

La phase de trasformation actuellement est une phase QUALITATIVE de soins.

Quelles attentes ?

  • Le tiers payant : pourquoi il n'est pas appliqué aux généralistes : pour reprendre les franchises par l'Etat.... Et pourtant, nous avons besoin de ce tiers payant (facilité)!

  • Le parcours de santé : le soin, le dépistage, la prévention à tarifs remboursables... Actuellement par les dépassements d'honorraires pas de qualité en plus pour le patient qui accepte pourtant de les payer : c'est un comble !

  • Des soins primaires coordonnés en équipe contractualisé par la convention nationale et par des contrats territoriaux. Le contrat de santé territoriale est le lieu de la cohérence sociale et de l'engagement politique.

 

 

Remarques des participants :

 

La salle applaudit la demande de sortir du paiement à l'acte. CL : système contraint et donc difficulté de négociation...Nous allons vers un chemin de diversification des rémunérations.

La salle approuve le soutien de la salle au contrat territorial pour le financement entre autre des équipes et souligne les difficultés de l'accès aux soins pour le parcours de soins

CL : quand est ce que les politiques s'y mettent ? Problème de visibilité des soins primaires

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