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Publié par alternativesenmedecinegenerale

Il y a bien hélas une part de vraie qui confirme deux points que je répète :

 

-d'une part nous avons besoin pour soutenir les nouvelles organisation des l'offre de soins primaires qui sont des propositions engagées, citoyennes et solidaires du soutien de TOUS !

 

-d'autre part que le conflit n'est pas jeune / vieux médecins... mais bien un conflit sur quelle organisation des soins primaires et un BALAYAGE de tout ce qui dysfonctionne en libéral.

 

 

Lu sur égora ce jour :

 

On en compterait des dizaines dans le secteur de la santé, mais ces personnalités incontournables coupables de "bloquer la France" seraient 200, tous domaines confondus. Le mensuel économique Capital les recense dans son numéro du mois de janvier. Loi sur les réseaux, dépassements d’honoraires, déserts médicaux, transparence… Les lobbys seraient  partout à la manœuvre dans la santé pour figer le pays sur leurs droits acquis.

 

Dans sa dernière édition de janvier, le magazine Capital les a patiemment recensés dans un exercice de "name dropping" où cohabitent syndicalistes, élus, hauts fonctionnaires, patrons et autres représentants de lobbys, tous coupables d’avoir oeuvré à cristalliser l’hexagone dans un sur place fatal. On voit bien où veut en venir le magazine très libéral. Au point de prendre, dans ce bel élan, quelques libertés avec la vérité historique.

 

Reconnaissance

Exemple pour le secteur santé, évidemment à l’honneur. Pratiquement tous les syndicats médicaux qui se sont opposés au projet de loi sur les réseaux de soins mutualistes sont ainsi nominés par Capital, pour leur lobbying corporatiste, attitude présentée comme un frein au progrès. Distinction de presse que ces derniers vivent comme une reconnaissance de leur efficacité syndicale.

"C’est une fierté ! Nous nous sommes battus contre ceux qui veulent mettre des filets sur la médecine, qui veulent l’emprisonner dans des réseaux. C’est la mission première d’un syndicat médical : bloquer une disposition nocive qui entrave le libre choix", se réjouit Michel Chassang, le président de la CSMF. "Se battre pour  maintenir la liberté de choix des patients, c’est être réactionnaire ?" ajoute Michel Combier, le président de l’UNOF (médecins de famille de la CSMF). "Que fait un malade dans une filière s’il n’a pas d’argent, et que fait-il s’il n’a pas de mutuelle ?  Assez de ce politiquement correct !" lâche-t-il. "On peut être réactionnaire pour un intérêt collectif !"

A tout seigneur, tout honneur, Etienne Caniard, le président de la Mutualité française, est lui aussi épinglé (tout comme son homologue des assurances privées complémentaires) pour avoir refusé au gouvernement de donner une pincée de sa vingtaine de milliards de fonds propres, sous forme de taxe, pour procurer une couverture complémentaire aux quatre millions de Français qui en sont dépourvus.

 

Rien à craindre

Nommé par le magazine pour son action au long cours en faveur du maintien de la liberté d’installation des jeunes médecins - ce qui aurait aux yeux de Capital la conséquence d’accélérer la formation de déserts médicaux, et tant pis pour les malades ! - Emmanuel Loeb, le président de l’ISNIH (Intersyndicale nationale des internes des hôpitaux), est un peu énervé. Pour preuve, il vient d’envoyer un droit de réponse au journal pour s’insurger contre leur présentation des faits et contester les erreurs contenues dans le papier.

"Je n’ai jamais dit que je me moquais des déserts médicaux. Nous avons au contraire prouvé en produisant une étude internationale que tous les pays qui avaient préconisé des mesures coercitives avaient connu l’échec". Et puis Emmanuel Loeb n’est pas content qu’on...[ pagebreak ]

ait attribué à Michel Chassang la victoire sur les réseaux de soins."C’est l’ISNIH qui a fait reculer la ministre, mais ce n’est pas terminé. Le projet de loi doit encore passer au Sénat, et la ministre nous a déjà fait des promesses qu’elle n’a pas tenues. Nous restons mobilisés".

Bien d’autres médecins ont l’honneur du magazine, notamment pour leur action pugnace ("réactionnaire"), contre la limitation des dépassements d’honoraires. A cet égard, les membres du mouvement Les médecins ne sont pas des pigeons en prennent plein les plumes, les chirurgiens du BLOC, plein les blouses et le président de la FMF, Jean-Paul Hamon, plein les dents. Selon le journal, le texte de l’avenant N° 8 "ne sera pas obligatoire", il sera applicable "hors zones particulières" et ne prévoit "aucune sanction précise". Grâce au lobbying de deux hospitaliers de la Confédération des praticiens des hôpitaux, l’amendement parlementaire qui voulait réglementer les dépassements à l’hôpital public a été retiré. Bref, les médecins n’auraient donc rien à craindre.

 

Jeu de la vérité 

"Ces gens-là, à Capital, n’ont aucun sens de la démocratie", s’énerve le Dr Jérôme Marty, qui a transformé une partie du mouvement Les médecins ne sont pas des pigeons en un nouveau syndicat, l’Union française pour une médecine libre (UFML)."Bloquer une loi ou un article de loi pour protéger les patients, c’est bloquer la Nation ?", fait-il valoir, en critiquant la qualité d’expertise du magazine sur des sujets"qu’ils ne maîtrisent pas et sans interroger personne".

Mais curieusement, Michel Chassang est assez content de la présentation de l’avenant N° 8 par le magazine économique, car c’est ce qu’il pense. Jeu de la vérité : "Nous avons sauvé le secteur 2 qui courait le très grand danger d’être rayé d’un trait de plume par les parlementaires. Très peu de médecins seront sanctionnés. Le contrat d’accès aux soins, ce sera le nouveau secteur optionnel, l’avenant 8 ne changera rien au chmilblick pour les médecins sérieux", développe-t-il.

De fait, les commissions conventionnelles étant strictement paritaires, il n’y aura pas de majorité..[ pagebreak .

 

A ses yeux, le mécanisme est "impossible à mettre en œuvre car personne ne sait comment  imposer à un médecin qui dépasse à 600% de réduire du jour au lendemain ses dépassements à 150%. Nous avons protégé la profession". Néanmoins, Michel Chassang considère "anormal" que les hospitaliers passent entre les gouttes, car ce sont "les plus gros dépasseurs"…

Coup de force

Dans le palmarès du journal figure aussi Catherine Mojaïski, de la Confédération nationale des syndicats dentaires, qui s’est battu pied à pied pour que le prix d’achat des prothèses n’apparaisse pas sur le devis du patient, qui ne fait plus état que du prix de vente. Ou encore le patron des ambulanciers, Thierry Schifano, qui parvient à freiner l’essort des VSL, cette concurrence moins couteuse pour l’assurance maladie.

Parmi les autres nominés, citons le Leem (Les entreprises du médicament), dont le directeur Philippe Lamoureux est couronné par Capital pour son action obscurcissante dans l’élaboration de la loi médicament, qui devait mettre en place un Sunshine act à la française. Même l’Ordre des médecins s’est ému du détricotage de la loi, relève le magazine, qui décerne également un prix au nouveau président du syndicat patronal. Egora.fr n'est pas parvenu à joindre les responsables du Leem pour recueillir leur réaction à cette mise en cause.

Enfin, pour rester dans le secteur de la pharmacie, le président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), Philippe Gaetner, recueille un prix d’honneur pour avoir permis à la profession d’obtenir une rémunération pour les conseils aux patients, en contrepartie de l’arrivée des génériques et du tassement des ventes de médicaments. Qualifié de "coup de force" par le magazine, cette réforme "exigée et obtenue" devrait coûter 140 millions à l’assurance maladie, répartis entre les 22 000 officines.

"Ridicule, balaie-t-on à la FSPF. Cette réforme a été imaginée par l’IGAS il y a plusieurs années, et elle est le fruit d’une très longue négociation entre les fédérations pharmaceutique et l’assurance maladie". La FSPF voit dans cette réforme applaudie une "évolution liée à une démarche qualité qui met notre pays au même niveau que ses homologues européens". A l’inverse de l’entreprise de "blocage" dénoncée par le magazine, elle illustre une "volonté partagée de faire évoluer le système dans le bon sens".

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