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Publié par alternativesenmedecinegenerale

Ma conviction est que pour des soins de qualité pour tous : les soignants doivent être bien dans leur travail ! Nous sommes dans une relation humaine. Pour écouter la souffrance de l'autre, le soignant ne peut pas être en souffrance lui même....

 

Alors voici l'annexe 6 de la thèse "état des leiux et perspectives de la MG dans le roannais"sur le burn out : explications du concept en 3 posts :

 

 

A- Définition et évolution du concept


Actuellement trois expressions existent pour caractériser l'épuisement professionnel:

  • le « Burn Out Syndrom » chez les anglo-saxons:

Il signifie littéralement: « être épuisé suite à une demande trop importante d'énergie ».

  • le « Karoshi » au Japon:

Constitué des mot « karo » – la mort – et de « shi » – la fatigue au travail – ce terme signifie la mort par excès de travail.

  • L'épuisement professionnel en français:

Selon l'étymologie latine, épuiser signifie « vider l'eau d'un puits à force de l'avoir trop tirée ».

 

Le concept de « Burn Out Syndrom » a été défini au début des années 1970 aux Etats Unis par H. Freudenberger, psychiatre, en observant l'état psychique de volontaires travaillant auprès de lui dans sa free-clinic prenant en charge des toxicomanes et d'anciens militaires du Vietnam. Certains étaient « parfois victimes d’incendie tout comme les immeubles : sous l’effet de la tension produite par notre monde complexe, leurs ressources internes en viennent à se consumer comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe externe semble plus ou moins intacte ». (1)

Freudenberger définit le Burn Out comme « l'épuisement des ressources physiques et mentales d'un individu qui s'évertue à atteindre un but irréalisable qu'il s'est fixé lui-même ou qu'il perçoit comme imposé par les valeurs de la société dans laquelle il vit ». (1)

 

Depuis cette première définition de nombreux travaux ont été réalisés sur le Burn Out Syndrom, initialement en Amérique du Nord. Christina Maslach a mis au point en 1981 un instrument de mesure: le Maslach Burn Out Inventory (2), test que nous avons détaillé dans la partie 2.1.1.6.7

Les principaux auteurs s'étant intéressés au sujet à l'époque étaient

  • Pines (Pines A. Aronson E. Burnout, from tedium to personnal growth. New York: The Free Press, 1981

  • Cherniss (Cherniss G. Staff Burn Out: job stress in the human services. Beverly Hills: Sage, 1980)

  • Edelwich et Brodski (Edelwich J, Brodski A. Burnout: stages of disillusionment in the helping professions. New York: Human Science Press, 1980)

  • Canoui (Canoui P, Mauranges A. Le syndrome d'épuisement professionnel des soignants: de l'analyse du burn out aux réponses. Paris: Masson, 1998: 211p.).

 

Au fil des années le concept a évolué et s'est modifié au gré des différentes descriptions réalisées. S'est alors posé le problème d'une définition commune afin de conserver l'originalité du concept.

 

La définition actuellement la plus citée et la plus employée est celle de C. Maslach et Jackson: le Burn Out est un « syndrome d'épuisement émotionnel, de dépersonnalisation et de réduction de l'accomplissement personnel qui apparaît chez les individus impliqués professionnellement auprès d'autrui ».

 

Ce syndrome comporte donc trois symptômes d’intensité proportionnelle au degré de Burn Out :

  • un épuisement émotionnel marqué par un manque de motivation et d’entrain au travail, et une sensation que tout est difficile, voire insurmontable.

  • une réduction de l’accomplissement personnel : le soignant s’évalue négativement, se trouve incompétent et sans utilité pour ses patients, diminuant ainsi l’estime qu’il a de lui-même en tant que professionnel et supportant donc moins les efforts qu’il doit faire pour surmonter son épuisement.

  • une tendance du soignant à dépersonnaliser ses patients ou clients qui sont vus de manière impersonnelle, négative, détachée voire cynique. (29)

 

E. Galam (3) reprend le concept de Canoui du Syndrome d’Épuisement Professionnel des Soignants (SEPS). « C'est avant tout une pathologie de la relation:quelle distance établir pour apporter l’aide tout en étant respectueux de la personne et ne pas se consumer soi-même, quelle « juste » implication dans le soin pour être présent mais à sa place ? (…) Soumis à une charge de travail de plus en plus grande, les soignants sont confrontés à la frustration, au découragement, spirale dangereuse qui naît du déséquilibre entre ce que l’on veut faire, son engagement, et les moyens dont on dispose. Les « professions d’aide » ont en commun d’obliger les individus à soutenir en permanence une image idéalisée d’eux-mêmes dans des conditions de plus en plus difficiles. Le « faux self » est défini par Winnicott comme la façade policée de notre personnalité permettant d’entretenir des relations satisfaisantes avec notre entourage (4). Éric Berne, fondateur de l’analyse transactionnelle, parle « d’enfant adapté soumis » représentant une part de nous-mêmes facilitant notre intégration à des groupes variés, nous permettant de nous imprégner des valeurs, rites, codes et habitudes et de nous fondre dans une communauté d’individus (5). Il définit également des injonctions plus ou moins contraignantes que nous traînons dans notre vie notamment notre vie professionnelle, pour les médecins : « Sois fort ! » et « Pense aux autres! ». Lorsque le faux self envahit le vrai et que « la coquille se substitue au jaune et au blanc », alors commence le tableau pathologique ». (3)

 

Le SEPS est reconnu comme un processus dynamique dont l'intensité peut varier selon les événements.

 

 


 


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